vendredi 23 septembre 2011

La pharmacopée royale de Charas.
Rare édition originale en maroquin à la Du Seuil. Exemplaire sur grand papier ayant appartenu à la famille de l'auteur

CHARAS, Moyse.  Pharmacopée royale, galénique et chymique. 

Paris, Chez l'auteur, 1676.

6000 €

In-4 (28x20,8 cm) de 1 ff. (frontispice), (12)-1060-(34) pages, 6 planches hors texte. Feuillet Ddddd (page 761/2) remonté et réemmargé.  reliure : Plein maroquin rouge de l'époque, plats à la Du Seuil. Dos à cinq nerfs, orné et doré, portant le titre doré. Roulette dorée sur les coupes. Roulette dorée sur les chasses. Tranches dorées.  Quelques rousseurs. Reliure frottée. Coiffe de queue accidentée.

Savant médecin et Pharmacien né à Uzès en 1618, Charas étudia la chimie à Orange, puis vint de bonne heure à Paris, où il fût nommé démonstrateur royal de chimie au jardin du roi.

La révocation de l'édit de Nantes le força à quitter la France en 1680.

Après avoir pratiqué la médecine avec succès en Angleterre, puis en Hollande, il se rendit en Espagne où il avait été appelé auprès du roi Charles II, depuis longtemps malade.
Les soins qu'il lui donna n'empêchèrent pas qu'il fût dénoncé à l'inquisition, par suite de la jalousie des médecins de la cour.
Il n'en sorti qu'après avoir abjuré.

Ses écrits restent encore marqués par les théories alchimiques.

Sa pharmacopée est le fruit de ses leçons donnée à Paris et de ses études. Elle connu un grand succès, fût réédité de nombreuses fois et a été traduite dans toutes les langues de l'Europe, et même en chinois pour la commodité de l'Empereur.

On y trouve la description de nombreuses préparations, recettes de remèdes et autres panacées universelles.



Charas explique aussi dans cet ouvrage pourquoi l'eau forte fond tous les métaux, excepté l'or; et pourquoi l'eau régale, qui met l'or en fusion, ne peut pas fondre les autres métaux, par exemple l'argent.

"L'argent, dit-il, a des pores, dont l'ouverture est proportionnée à la grosseur des pointes des particules de l'eau forte, assez aiguës par un bout pour entrer, et assez larges par l'autre pour séparer les parties du métal. Mais l'or, dont les pores sont beaucoup plus étroits que ceux de l'argent, ne peut pas admettre ces particules; donc l'eau forte doit fondre l'argent et non pas l'or. Quant à l'eau régale, elle doit au contraire fondre l'or et non pas l'argent. Les parties de ce dissolvant, subtilisées par le sel d'ammoniac, passent trop librement par les pores de l'argent, et ne se trouvent que dans l'or des pores disposés à les secondés dans leurs fonctions."

Rare édition originale, dédiée au grand Colbert.

Très beau frontispice allégorique en taille-douce, page de dédicace gravée avec beau décor et six planches gravées sur cuivre : fours, instruments, pots et cornues, symboles chimiques, etc.

Cet exemplaire porte l'ex libris de Henri Charas, un parent de Moyse et qui fut lui aussi apothicaire.

EXEMPLAIRE, SUR GRAND PAPIER, RICHEMENT RELIÉ Á L'ÉPOQUE EN MAROQUIN, CONDITION DES PLUS RARE POUR CET OUVRAGE RECHERCHÉ

EXEMPLAIRE DE LA FAMILLE CHARAS

références : Caillet [I, 2198].

provenance : Ex libris manuscrit de Henrici Charas pharmac. paris. 1726.

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