jeudi 20 octobre 2011

Rare traité de cryptographie. 1734

BREITHAUPT, Christian.  Ars Decifratoria sive scientia occultas scripturas solvendi et legendi. 

Helmstadii, Weygand, 1737.

1000 €

Un volume petit in8 (16,2x10 cm) de 32-160-(12) pages et un tableau dépliant.  illustration : Vignette de titre cryptographique, des diagrammes, de nombreux tableaux et des exemples de textes cryptés in texte. Le tableau dépliant montre l'Abacus numeralis de Kircher.  reliure : Plein vélin moderne.  Le tableau est coupé court en queue, touchant la dernière ligne. 

L'art de déchiffrer, précédé d'une dissertation historique sur les différentes manières d'écrire en chiffres, employées par les anciens & les modernes.

Edition originale de cette rare étude sur l'histoire de la cryptographie, les théories de cryptage et les méthodes de décryptage.

Y sont décrits, le chiffrement, la substitution alphabétique, la dislocation de lettres, l'invention de symboles et l'utilisation d'alphabets étrangers modifiés.
La cryptographie a été principalement utilisé dans la diplomatie secrète.
De nombreuses méthodes sont illustrées dans le texte et la table dépliante montre l'Abacus numeralis de Kircher.

Lorsque Breithaup avait publié dix ans auparavant un opuscule sur l'art d'écrire en chiffre (Disquisitio historica, critica, curiosa de variis modis occulte scribendi, repris ici en première partie), il s'était engagé à donné aussi ce traité sur l'art de déchiffrer.

Si Breithaup a tant tardé a tenir sa promesse, c'est qu'il révèle dans "Ars decifratoria" les secrets qui lui ont rapporté de nombreux profits, au travers des leçons particulières qu'il a donné à ce sujet dans les université d'Iène, de Halle & d'Hemstadt.
Dans sa préface, l'auteur appréhende le fait que ces élèves qui ont payé ses leçons si cher, ne lui sache mauvais gré de les lui voir donner pour rien au public.

La première partie (l'art de chiffrer) traite de l'origine l'écriture et du cryptage des informations. Il évoque l'écriture mystérieuse et symbolique juive, les trois alphabets cabalistiques publiés par Cornélius Agrippa, et aussi deux autres alphabets Hébreux servant à la composition de talismans.
Il cite diverses techniques de cryptage des grecs et des romains (par exemple l'usage d'une baguette autour de laquelle un parchemin était enroulé avant l'écriture du message. Un fois déroulé le message était illisible, sauf pour le récipiendaire qui enroulait à nouveau le parchimin sur une baguette identique).
Il étudie aussi les chiffres utilisés par les premiers chrétiens, les normands, les germains.
Il étudie aussi les travaux de Trithème, Jérome Cardan, Anasthase Kircher, Gaspar Schott & Jean Baptiste Porta.

La seconde partie (l'art de déchiffrer) l'auteur traite du décryptage des codes en chiffres, en caractères grecs, arabes, chimiques, astronomiques ou tel autre que l'on puisse imaginer.

Rare ouvrage.

références : Macclesfield [II, 423], Michaud :"C'est l'un des meilleurs ouvrages que nous ayons sur la stéganographie", Galland (An historical and analytical bibliography of the literature of cryptology) [p.19]. Rosenthal [2110, 6031].

provenance : Ancien ex libris manuscrit de 1769 sur la page de titre.

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